Le test du miroir

Le test du miroir est un moyen de mesurer la conscience de soi développé par l’Américain  Gordon G. Gallup dans les 1970.

En éthologie cognitive, ce test permet d’évaluer la conscience de soi en permettant de déterminer si un animal est capable de reconnaître son propre reflet dans un miroircomme étant une image de lui-même.

Il consiste à placer subrepticement sur la tête de l’animal une marque colorée ne produisant pas d’odeur puis à observer si l’animal réagit d’une façon indiquant qu’il est conscient que la tache est placée sur son propre corps.

Un tel comportement peut prendre la forme d’un déplacement ou d’une flexion pour mieux observer la marque ou encore, de façon bien plus évidente, celle d’un tâtonnement de soi avec une main pour essayer de l’atteindre tout en se servant du miroir.

Les animaux qui ont réussi le test du miroir sont les chimpanzés, lesbonobos, les orang-outangs, les dauphins, les orques, les éléphants ainsi que les pies. Les cochons auraient aussi partiellement réussi le test.

De façon assez surprenante, les gorilles échouent, même si l’un d’entre eux, du nom de  Koko, l’a réussi. Ce serait parce que les gorilles considèrent le contact visuel les yeux dans les yeux comme un comportement agressif et qu’ils évitent habituellement de se regarder les uns les autres en face à face.

Les enfants sont susceptibles de réussir le test à partir de deux, trois ou quatre ans d’âge.

Les chiens et les bébés humains réagissent au miroir en manifestant de la peur ou de la curiosité mais peuvent également l’ignorer complètement, lui comme la tache. Les oiseaux vont jusqu’à attaquer leurs propres reflets — à l’exception notable des pies qui, vérifiant la similitude de leurs propres mouvements avec ceux de l’image reflétée, finissent par se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un autre congénère, mais bien d’elles-mêmes.

Il existe des débats au sein de la communauté scientifique à propos de l’interprétation et de la valeur des résultats produits par le test. S’il a été largement utilisé et à bon escient pour mieux comprendre les primates, on considère parfois qu’il est réducteur lorsqu’on lui soumet des animaux qui se servent avant tout d’autres sens que la vue, comme les chiens de l’odorat par exemple.

Article de Wikipédia.

Avoir conscience de soi, c’est aussi avoir conscience des autres. C’est le contraire de la machine qui n’a aucune conscience.

Comment croire qu’une créature qui a conscience d’elle-même et des autres ne peut éprouver de peine, d’attachement, de joie, de compassion?

Tête d’oiseau?

Je ne vois pas comment l’oiseau aurait pu résoudre ce problème sans avoir :

1) Compris que la tige de fer pouvait lui servir d’outil.

2) Compris et visualisé que seul un objet recourbé pouvait accrocher l’anse du panier où se trouve la nourriture.

3) Supposer ou connaître la capacité de la tige de fer à se tordre.

4) Se projeter dans un imaginaire pour « voir » l’outil adéquat  à partir de la tige de fer dans son bec.

5) Concrétiser cette vision et arriver à la fabriquer à l’aide de son bec et de ses pattes, en tenant compte des dimensions nécessaires, aussi bien du crochet que du tube.

A quel âge mental évaluez-vous l’intelligence de cet oiseau?

Un bébé? Un enfant de 3 ans?

Je dirai plutôt un enfant de 5 ou 6 ans minimum, c’est-à-dire un enfant capable de s’exprimer et de comprendre le langage,  d’éprouver une vaste palette d’émotions, de saisir le sens de nombreux évènements dans sa vie, etc, bref, d’une conscience déjà bien développée.

Où est-ce que je veux en venir?

Si un petit oiseau comme cette corneille est capable d’une telle intelligence, que nombre d’entre nous étions loin de soupçonner, ne serions-nous pas à côté de la plaque en estimant que les animaux peuvent être enfermés, maltraités, tués sans égards sous prétexte qu’ils ne sont pas conscients, qu’ils sont « bêtes »?

Ne serions-nous pas également ignorants d’autres capacités des animaux? Ne sous-estimons-nous pas gravement les capacités des animaux à souffrir, la souffrance étant proportionnelle à la conscience?

Cheval qui joue au ballon

Certaines personnes disent que la seule motivation des animaux est l’instinct de survie.

Le jeu chez les petits des animaux, par exemple,  n’est pas un signe d’intelligence, de sensibilité ou de conscience, mais simplement une façon de développer leurs capacités, qui leur serviront plus tard à chasser, se protéger, etc, bref, à survivre.

Cependant, en observant ce cheval en train de jouer, il est évident qu’il s’amuse, qu’il y prend du plaisir, que c’est un choix délibéremment conscient, gratuit, manifestant ainsi une joie de vivre qui n’est en rien différente de la nôtre.

Différence entre l’homme et l’animal

Entre l’être humain et l’animal, il y a la différence de la conscience de soi-même.

Les deux mangent, dorment, ont froid, chaud et souffrent. Mais l’animal ne sait pas qu’il connaît individuellement la douleur, la faim ou la fatigue.

Par contre, un être humain dit « J’ai faim », « J’ai froid », « Je veux ceci », et ainsi de suite… Homme et animal se débrouilleront l’un et l’autre pour trouver le confort physique : s’il pleut, les deux courront se réfugier à l’abri d’un arbre.

Une personne est capable d’individualiser sa conscience et elle peut imaginer la cause et l’effet de tout changement et de toute action. Un animal peut ressentir, mais il ne peut pas individualiser sa conscience, parce qu’il n’a pas le sens du « Je ».

Nous sommes conscients de notre apparence parce qu’en nous existe une conscience individuelle qui fait que nous nous voyons différents des autres.
Par contre, un chien ne sait pas s’il est beau ou s’il est laid…

En raison de cette conscience du « Je », un être humain est supérieur à tous les autres êtres vivants. Sans cette conscience du « Je », on ne peut pas réaliser la cause et les effets de la douleur, du plaisir, de l’attachement, de la répulsion et ainsi de suite… Ce qui fait qu’on ne peut pas essayer de sortir de ces obstructions.

Les animaux naissent avec une connaissance instinctive et collective. Ils vivent toutes les souffrances du monde. N’en connaissant pas la cause, ils meurent sans avoir essayé de sortir de leurs souffrances.

L’être humain sait que c’est lui qui sait quelque chose.
L’animal sait, mais il ne sait pas que c’est lui qui sait quelque chose.

Extrait du livre : « Vivre sa paix intérieure », de Baba Hari Dass aux éditions Jouvence, page 38. Né en 1923, Baba Hari Dass est un moine hindou qui a fait vœu de silence depuis 1952.

J’aime bien ce texte parce qu’il montre que l’animal ressens exactement les mêmes choses que l’être humain, en fonction de son intelligence.

Il montre aussi que l’être humain n’est supérieur qu’au niveau de ses possibilités de conscience, ce qui le rend encore plus responsable de ce qu’il peut faire aux animaux.

En effet, l’être humain, au contraire de l’animal, n’a pas « l’excuse » de ne pas se rendre compte de ce qu’il fait.

Les êtres humain qui en font souffrir d’autres, que ce soit des Hommes ou des animaux, ont anesthésié leur conscience, sinon ils ne pourraient pas le faire.

Évoluer, en tant qu’être humain, c’est grandir en conscience.