Lectures

UN ETERNEL TREBLINKA de Charles Patterson aux éditions Calmann-Levy, 2008, 334 pages;

« La souffrance des animaux, leur sensibilité d’êtres vivants, est un des plus vieux tabous de l’homme.

Dans ce livre iconoclaste – que certains considéreront même comme scandaleux -, mais courageux et novateur, l’historien américain Charles Patterson s’intéresse au douloureux rapport entre l’homme et l’animal depuis la création du monde. Il soutient la thèse selon laquelle l’oppression des animaux sert de modèle à toute forme d’oppression et la « bestialisation » de l’opprimé obligée sur le chemin de son anéantissement.

Après avoir décrit l’adoption du travail à la chaîne dans les abattoirs de Chicago, il note que Henry Ford s’en inspira pour la fabrication de ses automobiles. Ce dernier, antisémite virulent et gros contributeur au parti nazi dans les années 30, fut même remercié par Hitler dans Mein Kampf.

Quelques années plus tard, on devait retrouver cette organisation du « travail » dans les camps d’extermination nazis, où des méthodes étrangement similaires furent mises en œuvre pour tétaniser les victimes, leur faire perdre leurs repères et découper en tâches simples et répétitives le meurtre de masse de façon à banaliser le geste des assassins. Un tel rapprochement est lui-même tabou, étant entendu une fois pour toutes que la Shoah est unique.

Pourtant, l’auteur yiddish et prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer (qui a écrit, dans une nouvelle dont le titre de ce livre est tiré, « pour ces créatures, tous les humains sont des nazis ») fut le premier à oser la comparaison entre le sort réservé aux animaux d’élevage et celui que les hommes ont fait subir à leurs semblables pendant la Shoah.

S’inspirant de son combat, Patterson dénonce la façon dont l’homme s’est imposé comme « l’espèce des seigneurs », s’arrogeant le droit d’exterminer ou de réduire à l’esclavage les autres espèces, et conclut son essai par un hommage aux défenseurs de la cause animale, dont Isaac Bashevis Singer* lui-même. »

(résumé de l’éditeur sur Amazon)

*Écrivain et conteur renommé juif polonais, immigré aux Etats-Unis en 1935, devenu végétarien dans les années 1970.

Je n’ai pas lu ce livre mais un article élogieux lui est consacré dans le numéro 84 du magazine « Alliance Végétarienne ».

BIDOCHE, de Fabrice Nicolino aux éditions Les Liens qui Libèrent, 2009, 381 pages

« Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j’ai changé d’avis et de goût.Derrière une côte de boeuf, j’ai fini par voir un boeuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon…

On peut parler d’un choc, immense et lent. L’histoire que je vais vous raconter est une formidable aventure aux conséquences inouïes. Où rien n’était inévitable.

Comment des animaux sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour « fabriquer » de la « matière » à partir d’êtres vivants et sensibles ?

Pourquoi leurs laboratoires sont-ils aussi anonymes que secrets ? Pourquoi l’industrie de la bidoche est-elle dotée d’une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ? A la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l’élevage industriel ? Pour quelle raison folle laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d’antibiotiques et d’hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver la famine et dans des proportions étonnantes la si grave crise climatique ? Qui est responsable ? Et y a-t-il des coupables ?

La réponse n’a rien d’évident, mais elle existe, dans les deux cas. Ce livre vous convie à une plongée dont vous ne sortirez pas indemne. A la condition de le lire pour de vrai, vous ferez ensuite partie d’une tribu en expansion, mais qui demeure on ne peut plus minoritaire. La tribu de ceux qui savent. »

Résumé trouvé sur le site L214 Ethique Animaux.

Je n’ai pas encore lu ce livre mais on vient de me le donner (novembre 2009)

CES BÊTES QU’ON ABAT, Journal d’un enquêteur dans les abattoirs français (1993-2008) de Jean-Luc Daub aux éditions de l’Harmattan, 2009, 253 pages

« La viande coûte cher aux animaux. Engraissés dans des bâtiments obscurs dont ils ne sortent que pour être abattus, privés de toute relation avec leurs congénères, entravés, parfois au point de ne pouvoir bouger, ces animaux sont tués à la chaîne dans l’indifférence la plus absolue.

Les enquêtes effectuées par Jean-Luc Daub dans les abattoirs français durant une quinzaine d’années lèvent le voile sur le malheur de milliards d’animaux. La force de ce témoignage tient dans la description, d’une précision extrême, des opérations d’abattage qui font inexorablement passer les bêtes de vie à trépas, dans ces lieux dont la législation dit qu’« aucun animal ne doit ressortir vivant ».

Les instances qui ont compétence pour faire appliquer la réglementation en matière de protection des animaux font preuve d’une passivité qui confine à la complicité. Plus largement, c’est à une réflexion de fond sur la condition des animaux élevés pour être mangés que ce livre nous invite. Pourquoi les avons-nous à ce point bannis de tout ?

Parallèlement à son activité d’enquêteur dans les abattoirs pour des associations de protection animale, Jean-Luc Daub travaille en Alsace dans le secteur médico-social ; il est éducateur technique spécialisé auprès de personnes atteintes de troubles psychotiques. »

Résumé de l’éditeur, voir le site L214 Ethique Animaux

LES EMOTIONS DES ANIMAUX de Marc Bekoff, aux éditions Payot, 320 pages, 20€, mars 2009

Dans la lignée de Darwin, l’auteur, biologiste, montre, en s’appuyant sur des anecdotes et comptes-rendus d’expériences éthologiques, que les animaux éprouvent des sentiments qui ne sont pas des réactions instinctives mais la manifestation d’une vie affective. Privilégiant l’étude de terrain et l’observation des animaux au sein de leur environnement, il dialogue avec les théories d’autres auteurs.

« Joignant l’intuition et le bon sens à une méthodologie scientifique scrupuleuse, ce livre sera un outil formidable pour tous ceux qui se battent afin d’améliorer la vie des animaux, dans des environnements où l’on fait preuve si souvent d’une incompréhension presque totale. J’espère simplement qu’il amènera les gens à reconsidérer la manière dont les animaux seront traités demain. » préface de Jane Goodall, éthologue.