Les commandements de Dieu

Les commandements de Dieu s’inscrivent aussi dans le ramage des rossignols.

Joseph Delteil

Toutes les religions dans leurs fondements, si différentes soient-elles, encouragent l’être humain à manifester de l’amour, de la compassion, de la solidarité envers son prochain.

Pourquoi l’animal devrait-il en être exclu?

Peut-on concevoir un amour véritable qui se donne à certains et se refuse à d’autres? Un coeur qui soit touché par certaines formes de vie mais pas par d’autres?

Cela ne peut pas être un véritable amour, mais plutôt un comportement, un faire. Pas un être.

La culture des Indiens d’Amérique avaient compris cela, eux qui éprouvaient un respect sacré pour tout ce qui existe, même ce qui ne semble pas vivre : les roches, les plantes, les animaux, les êtres humains.

Certaines personnes s’écrient :  » Mais plutôt que de vous soucier des animaux, pensez plutôt aux souffrances des êtres humains sur la terre! »

Mais je réponds que c’est justement parce que nous nous soucions véritablement des autres que nous sommes sensibles aux souffrances animales. Un coeur véritablement ouvert est touché par toutes choses.

Pour ces mêmes raisons, je doute de la sincérité d’amour de ceux qui dévouent leurs vies aux bêtes en rejetant, voire en haïssant les êtres humains.

24 novembre 2009

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4 Réponses

  1. D’un point de vue religieux, la Création est une seule et même chose, et si l’Homme (mâle et femelle) semble bien y avoir une place particulière, tout animal et plus largement tout être vivant participe à l’Unité de celle-ci.

    Votre dernière remarque est très pertinente : soit l’élan de compassion est universel, soit il se retrouve étriqué dans les mêmes ‘tiroirs’ qu’il souhaite pourtant dépasser. Si nous ne souhaitons que le bien de l’être humain en oubliant celui des autres êtres vivants, nous sommes spécistes : celà signifie que nous sommes pratiquement racistes envers tout ce qui n’est pas de notre espèce…

    A titre indicatif, et sans propagande aucune,
    – Jean-Marie Pelt a écrit quelques bouquins intéressants sur la question, ainsi que sur la notion de solidarité entre les êtres vivants non-humains
    – Andrew Lindsley, anglican, est un précurseur en théologie animale ! Il dirige même une chaire d’université spécialement dédiée à cette question un peu oubliée des théologiens.
    – Il existe en France une Fraternité sacerdotale pour les prêtres qui ont comme souci le bien-être animal !
    – Il est très intéressant de creuser la question de l’alimentation biblique : rappelons par exemple qu’avant que l’humanité ne ‘dérape’, avant le Déluge (selon les textes), les humains depuis la Genèse étaient végétariens… Relisez Adam et Eve 🙂
    – Enfin, la petite brochure des Hare Krishna sur le végétarisme donne quelques points de repère sur le lien alimentation végétarienne et prescriptions religieuses.

    Si vous souhaitez plus d’infos sur un de ces points, je suis à votre disposition 🙂

    Bonne continuation !

    Bob
    (ancien membre de Gaïa, végétarien depuis 10 ans tout pile).

  2. Cher Bob,

    Merci pour ce magnifique commentaire qui me remplit de joie!

    Ayant fréquenté pendant plusieurs années de nombreuses églises, j’ai toujours été interloquée de ne pas trouver plus de compassion chez les chrétiens envers les autres créations de Dieu.

    C’est pourquoi vos remarques et vos références m’intéressent vivement!

    Je suis moi-même, ainsi que toute ma famille, végétarienne depuis près de 30 ans, et j’ai effectivement remarqué que le plan de Dieu au départ était que toute créature vivante se nourrisse de végétaux!

    Mon but ici n’est pas de convaincre quiconque de ce qui est « bien » ou « mal » de faire, mais de m’interroger, et d’encourager autrui à s’interroger, sur notre relation et notre vision de la vie et de ceux qu’elle habite.

    Je ne veux pas non plus me servir d’arguments tel que « c’est la parole de Dieu », car tout le monde ne croit pas en Dieu mais tout le monde a un coeur capable d’amour et de compassion.

    Et c’est à ce niveau que je pose la question : si un texte fondateur comme la Bible – entre d’autres – présente comme le premier plan parfait de Dieu le fait de ne pas être obligé de tuer d’autres êtres vivants pour survivre, c’est bien une façon de dire que toute vie est précieuse et unique.

    Les adventistes, par exemple, s’appuient sur ce texte de la Genèse pour valider leur végétarisme. Je regrette cependant que leur première motivation soit le plus souvent d’être « en règle » avec cette parole plutôt que d’exprimer la compassion.

    J’ai découvert avec bonheur en brocante il y a quelques années cette petite brochure des Hare Krishna intitulée « le goût supérieur ». Outre de délicieuses recettes indiennes, il y a effectivement une approche très intéressante du végétarisme par compassion. Le mot « supérieur » n’est d’ailleurs pas méprisant mais dans le sens d’un « plus » (manger sans faire souffrir).

    C’est avec plaisir que j’aimerais en savoir plus sur cette fraternité sacerdotale ainsi que sur Andrew Lindsley. On oublie souvent les paroles pleines de fraternité de Saint-François d’Assise envers les animaux, nos petits frères.

    Avez-vous des références de titre, voir chapitre ou pages pour cette notion de solidarité entre les êtres vivants exprimée par Jean-Marie Pelt? Elles auraient sûrement leur place sur ce blog.

    Encore merci pour votre commentaire et au plaisir de vous lire

    Lénah

    • Bonjour Lénah, et bonjour aux autres visiteurs.
      Andrew Lindsley n’a malheureusement pas été traduit en français, SAUF en partie, par l’équipe des cahiers antispécistes. Vous retrouverez ce texte ici : http://www.cahiers-antispecistes.org/spip.php?article334&var_recherche=th%C3%A9ologie

      Concernant la fraternité sacerdotale, son site est ici : http://www.animal-respect-catholique.org/

      Jean-Marie Pelt il y a 5 ans environ a publié tout un livre qui s’appelle ‘la solidarité chez les animaux, les plantes, etc’. Je crois qu’il vient d’être publié au Livre de Poche.

      Par ailleurs, pour qui souhaiterait aller plus loin dans le lien entre religion et végétarisme, l’Alliance Végétarienne (française) a un dossier sur le sujet gratuit en ligne. Je l’ai terminé hier : il est hautement recommandable !
      Quelques-unes des idées :
      – l’humanité était tentée par la chair, puisqu’habituée à faire des sacrifices et holocaustes animaux à Dieu. Dieu aurait donc consenti à leur permettre cet ‘écart’ pour apaiser leurs passions… A titre illustratif, la manne était végétarienne, et suffisante. mais le peuple se plaint : Dieu lui envoie alors des cailles pour qu’il se taise !
      – les moines sont-ils végétariens par choix ou par souci d’ascèse ?
      – que dit vraiment Kant à ce sujet ?

      Bonnes lectures et bon week-end !
      Bob.

      PS : Je comprends tout à fait votre commentaire sur les Adventistes. Leur utopie est qu’ils réalisent déjà le jardin de Dieu comme à l’origine : pourquoi pas ! Mais comme toujours, il y a la Loi et l’esprit de la Loi, les religions et l’esprit des religions…

  3. Cher Bob,

    Merci pour les liens que je vais aller visiter!

    J’irai voir aussi ce que dit Alliance Végétarienne à ce sujet.

    Mais je ne suis pas toujours d’accord avec leur approche car ce sont souvent des écrits avec une approche extérieure. Je veux dire par des personnes n’ayant pas la foi écrivant sur la foi, sur Dieu. Leur réflexion part alors souvent sur des « images » ou « concepts » de Dieu véhiculés par notre societé aux racines judéo-chrétienne et qui sont parfois très loin de la compréhension intérieure du divin.

    Par exemple : le jardin d’Eden n’est pas à prendre au sens littéral mais comme un ensemble de paraboles cherchant à décrie ce qui est difficile à dire en mots : cet état d’unitude innocente de l’âme avec sa source divine, avant l’intervention du mental et du libre arbitre, avant l’incarnation dans des « habits de peau ».

    Quand aux motivations pour être végétarien, elles varient beaucoup d’après ce que j’ai pu observer, aussi bien chez lez croyants que chez les non-croyants.

    Personnellement, ma motivation première est la compassion, même s’il y en a beaucoup d’autres qui sont fort bien traitées sur d’autres blogs.

    J’aime cette histoire d’un maître spirituel hindou qui laissait ses disciples libres de manger ce qu’ils voulaient, et donc de la chair animale.
    Un adepte, choqué, demande un jour au maître pourquoi il ne leur interdit pas la viande.
    Et le maître de répondre: s’ils sont sincères dans leur quête intérieure, un jour ou l’autre, d’eux-mêmes, ils ne pourront plus en manger.

    Quand on retourne à soi-même, qu’on rentre à nouveau en contact avec notre être profond, véritable – ce qui est pour moi le but de toute spiritualité – on retrouve cette sensibilité qu’à l’enfant devant la souffrance animale et qui va être peu à peu étouffée au fur et à mesure qu’il entre dans le moule social.

    Notre empathie et notre sentiment d’être Un avec tout ce qui vit, voire tout ce qui existe, entraîne naturellement un désir de ne plus faire souffrir qui que ce soit, que ce soit directement ou indirectement.

    Par contre, je ne comprends pas l’allusion à Kant. Votre approche est -elle philosophique?

    Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites sur la Loi et l’esprit de la Loi, la seconde étant au service du premier, et non le contraire, comme c’est trop souvent le cas…

    Bien à vous,
    Lénah

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