Les poissons souffrent-ils?

Malgré ce que le confort des apparences nous pousse à croire, le monde des animaux aquatiques est d’une grande complexité.

Les poissons, tout comme les êtres humains ou les autres animaux terrestres, perçoivent, souffrent, communiquent.

La plupart des poissons produisent des sons (malheureusement seulement audibles grâce à un hydrophone) lorsqu’on les touche, lorsqu’on les tient, lorsqu’on les poursuit.

Leurs sensations, qu’elles soient visuelles, olfactives, gustatives ou tactiles, sont aussi très développées, souvent beaucoup plus que chez la majorité des animaux.

Leur système nerveux présentent les mêmes récepteurs à la douleur que les nôtres.

Ils ressentent aussi la peur : Comme chez l’homme, leur fréquence cardiaque augmente, ainsi que leur rythme respiratoire; une décharge d’adrénaline est libérée lorsqu’ils sont traqués, par exemple.

Les poissons ressentent donc la douleur, la peur ou le stress dus aux stimulus sensoriels violents.

Des milliers de milliards de poissons meurent pour le commerce alimentaire et leur mort n’est ni rapide, ni indolore. Hors de l’eau, un poisson peut agoniser de 1 à 4 heures.

Dans les filets, les poissons meurent étouffés, écrasés. Lorsqu’on les remonte des profondeurs, les frottements des filets mettent leurs flancs à vif, la décompression fait gonfler voire exploser leur vessie natatoire, ce qui pousse les yeux hors de leurs orbites ou l’œsophage et l’estomac par la bouche.

Beaucoup de poissons sont congelés ou vidés vivants, on les extrait souvent du filet au moyen d’un crochet.

Quant à la pêche à la ligne, l’hameçon perforant les chairs provoque de vives manifestations de panique : le poisson se débat, crache, coule. Relâcher un poisson avec un hameçon toujours accroché le condamne à une agonie lente car il ne peut plus s’alimenter ou se déplacer correctement.

Certains poissons sont mutilés ou empalés vivants avec une tige de fer pour servir d’appât afin d’en pêcher d’autres.

Les poissons, comme beaucoup d’animaux, sont assimilés par l’homme à des objets : on peut les mutiler, les frapper, les éventrer, les capturer…aucune importance, notre incapacité à percevoir leur terreur et leurs souffrances nous invite à penser qu’ils n’en éprouvent aucune!

Les poissons et autres animaux aquatiques ne provoquent généralement pas en nous des sentiments d’attendrissement ou de compassion, mais nous pouvons prendre conscience de leur capacité à éprouver des émotions et des sensations douloureuses.

Nous pouvons tous choisir une alimentation ou des loisirs respectueux des autres êtres sensibles et remettre ainsi en cause nos préjugés qui nous font ignorer la souffrance des animaux non-humains.

(D’après un article publié dans Ahimsa, automne 1999, relevé dans le n°61 d’Alternatives Végétariennes, automne 2000)

Pour en savoir plus et vous faire votre propre idée voir le site Aquabase.

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Nos frères mineurs…

« La religion et la philosophie cathares sont avant tout proches d’un christianisme primitif, et non une déviation du Catholicisme. Un Christianisme spirituel, libre et novateur, non dogmatique. Un Christianisme dissident, composé de pureté, d’amour, de partage, de tolérance et de non-violence.

L’amour et le respect de toute vie étaient essentiels pour eux. L’homicide, le péché le plus grave, leur était interdit, ainsi que le meurtre des animaux.

L’interdiction de tuer et de consommer de la viande, était comme une forme de respect envers des êtres sensibles, assez proches de nous, ou « des frères mineurs », comme on les appelait chez les Cathares.

Ils ne reconnaissaient pas seulement à l’homme la possession de l’intelligence et de la faculté de connaître, mais également aux animaux, esprits déchus eux aussi. »

(article de Reale, dans le n°61 d’Alternatives Végétariennes, automne 2000)

Cela m’a toujours semblé contradictoire que des adeptes d’une religion comme le Christianisme, qui prêche l’amour, la compassion et le respect de la vie, de la Création, puisse en exclure les animaux.

Comme si cela  ne les concernait pas, comme s’ils n’en n’avaient pas besoin, comme s’ils étaient en dehors de la Création, comme si, contre toute vraisemblance, ils étaient des objets, des choses inertes.

Ils ont fait le pas…

Jeane Manson, née en 1950, est une chanteuse et actrice américaine installée en France engagée dans la sauvegarde de la nature et végétarienne depuis 34 ans, parce qu’elle trouve aberrant de tuer des animaux pour les manger : « Trois minutes de plaisir dans la bouche contre une vie entière de souffrance pour un pauvre animal. »

(Citation trouvée dans la revue d’Alternatives Végétariennes, n°61, page 3, automne 2000)

Isaac Bashevis Singer, écrivain et prix Nobel Juif Polonais naturalisé américain ( 1904-1991 ) aimait à dire que les motifs de son choix de devenir végétarien étaient liés à la santé, « mais à la santé des animaux! »

Il écrivait que depuis toujours, nous percevons instinctivement la capacité des animaux à ressentir de la souffrance et des émotions, de manière souvent plus intense que les  humains, et bien que de nombreux philosophes  et leaders religieux aient tenté de convaincre leurs disciples et leurs partisans que les animaux sont seulement des machines sans âme, dépourvues de sentiments, quiconque a vécu avec un animal est conscient qu’un semblable théorie n’est qu’un mensonge effronté, inventé pour justifier la cruauté humaine.

(d’après un article d’Alternatives Végétariennes, N°62, hiver 2000)

Toby Maguire, rendu célèbre en jouant Spiderman, végétarien depuis 1992 est devenu végétalien en 2009.

« Quand j’étais gosse, J’avais déjà du mal avec la viande. Il fallait qu’elle soit parfaite, sans gras ni os. Je ne juge pas les gens qui consomment de la viande -ce n’est pas à moi de le faire-, mais ce n’est pas mon truc. »

Pour rentrer chez lui, il faut se défaire de tout objet en cuir, car – dit-il – « l’odeur du cuir le rend malade« .

Sources, entre autres : http://www.ecorazzi.com/wp-content/uploads/2008/03/tobey.jpg

La peur de la différence

L’approche affective et intelligente des bêtes sauvages ou domestiques recrée en chacun l’alliance originelle avec une animalité fondamentale.

En nous sommeillent dans la grâce du vivant le serpent, le loup, l’oiseau, la vache, le rat et l’arche universelle des créatures dont la nature humaine est née et a tenté de se dégager peu à peu.

Et au lieu de les reconnaître et de les connaître mieux afin d’en assumer le dépassement, nous les redoutons et les méprisons avec un sentiment coupable qui nous les fait haïr et nous haïr dans le même temps.

Plus l’homme de l’exploitation est fasciné par leur liberté à l’état brut, plus il s’acharne à les détruire comme une faiblesse à dominer, de peur qu’elle ne le domine.

Misère de la volonté de puissance.

Ainsi, la haine, la peur et la pitié que nous éprouvons envers les animaux, nous l’éprouvons pour nous-mêmes.

Nous avons su être pires que des bêtes en justifiant par l’esprit les massacres de l’histoire et l’absurdité de la survie ordinaire, et jusqu’au remords qui s’y attache.

Et nous voici désormais leurs égales dans un univers concentrationnaire où moutons, vaches, porcs, poules cherchent à parer, par la folie et par la mort, au sort qui leur est fait.

Raoul Vaneigem ( 1932, écrivain belge)

 

 

 

Les commandements de Dieu

Les commandements de Dieu s’inscrivent aussi dans le ramage des rossignols.

Joseph Delteil

Toutes les religions dans leurs fondements, si différentes soient-elles, encouragent l’être humain à manifester de l’amour, de la compassion, de la solidarité envers son prochain.

Pourquoi l’animal devrait-il en être exclu?

Peut-on concevoir un amour véritable qui se donne à certains et se refuse à d’autres? Un coeur qui soit touché par certaines formes de vie mais pas par d’autres?

Cela ne peut pas être un véritable amour, mais plutôt un comportement, un faire. Pas un être.

La culture des Indiens d’Amérique avaient compris cela, eux qui éprouvaient un respect sacré pour tout ce qui existe, même ce qui ne semble pas vivre : les roches, les plantes, les animaux, les êtres humains.

Certaines personnes s’écrient :  » Mais plutôt que de vous soucier des animaux, pensez plutôt aux souffrances des êtres humains sur la terre! »

Mais je réponds que c’est justement parce que nous nous soucions véritablement des autres que nous sommes sensibles aux souffrances animales. Un coeur véritablement ouvert est touché par toutes choses.

Pour ces mêmes raisons, je doute de la sincérité d’amour de ceux qui dévouent leurs vies aux bêtes en rejetant, voire en haïssant les êtres humains.

24 novembre 2009

Que voyez-vous dans l’animal?

Pas de bête qui n ‘ait un reflet d’infini.

Victor Hugo

La beauté, la grâce, la puissance sont des reflets de l’infini.

On peut remplacer ce mot par Vie, Amour, Dieu.  Tout ce qui nous touche mais nous dépasse, qui est tellement plus grand que nous!

Cela mérite notre respect. Par pour des raisons morales, mais parce que cette Vie, cette Beauté, cet Amour qui se manifestent ne sont pas des choses que nous pouvons fabriquer et reproduire à volonté, nous n’en sommes pas les maîtres, juste le témoin et leur expression…parfois.

C’est  si facile d’abattre un être vivant d’un coup de fusil, et d’en chasser la vie, mais qui est capable de la rattraper?

Personne.

Même le plus puissant et le plus habile des chasseurs ne pourra jamais récupérer la Vie, la Grâce, la Beauté, la Puissance qui était dans sa proie. Il ne se retrouvera qu’avec un cadavre. Un morceau de chair, de sang et d’os.

Ce n’est qu’en laissant vivre, mieux, en s’émerveillant de la Vie qu’on peut saisir un peu d’infini…

C’est ce que je vous souhaite à tous.

24 novembre 2009

Au fond de leurs yeux…

Au fond des yeux de tout animal brille une lueur de tristesse qui m’emplit d’un tel amour que mon coeur vibre à l’unisson des souffrances de toute créature.

Le pauvre cheval fourbu qui dort sous la pluie du soir devant une auberge, la tête courbée jusqu’au sol, le chat écrasé par une voiture luttant contre la mort, l’oiseau blessé cherchant refuge dans la lézarde d’un mur – tous ces êtres en proie à la souffrance ont a jamais leur place dans mon coeur.

Si la pudeur ne me l’interdisait, je m’agenouillerais de compassion devant tant de patience dans le malheur, car je suis saisi d’une vision: une auréole entoure la tête de chacune de ces créatures en proie à la souffrance, une véritable auréole, grande comme l’univers que Dieu a déployé autour d’eux.

( Francis Jammes, 1868-1936, poète français,  romancier, dramaturge et critique )